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Chasser le gibier d’eau dans la Meuse
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Chasser le gibier d’eau dans la Meuse est un réel plaisir.
Si cette région compte peu de chasseurs de gibier d’eau c’est qu’on y vient plutôt chasser le sanglier. De fait, les huttes sont si éloignées les unes des autres que, même par nuit claire avec beaucoup de passages les chasseurs n’entendent que leurs propres coups de feu.
Ne vous y méprenez pas, une nuit bredouille est rare…
Chasseurs de vanneaux à la passée du soir‑: n’oubliez pas vos cartouches… |
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Le département compte près de 7 000 chasseurs dont à peu près 1 000 pratiquent plus ou moins la chasse du gibier d’eau.
La passée prédomine dans le département qui présente un réseau hydrologique très intéressant.
Tout d’abord, la rivière Meuse coupe en deux le département sur toute sa longueur du sud au nord.
De part et d’autre des rives de la Meuse, on retrouve deux milieux argileux.
À l’est, la plaine de la Woëvre est constituée de grandes parcelles cultivées en maïs, colza et blé.
On retrouve de nombreux étangs étalés sur ces grands territoires.
Les plus connus restent le lac de Madine (réserve nationale), les étangs de Lachaussée, du Haut Fourneau et d’Amel.
À l’ouest, le massif de l’Argonne, célèbre historiquement lors de la première guerre mondiale, est constitué de forêts prisées par le sanglier et les cervidés.
De nombreux étangs sont clairsemés tout au long du massif qui part de la Belgique au nord et se termine en Haute-Marne avec le lac du Der. |
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Copyright site internet : Fédération pêche 55
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L’association |
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L’association meusienne des chasseurs de gibier d’eau a changé de nom en 1999 pour se dénommer CAREX. La motivation du changement d’intitulé fut la recherche d’une image plus contemporaine de la chasse d’aujourd’hui‑: mettre en avant la gestion et la connaissance des zones humides plutôt que de se focaliser sur le thème unique de la chasse, trop restrictif pour le grand public.
Ainsi le carex, plante typique des zones humides, représente pour l’association le symbole de ces territoires exceptionels.
Les carex |
Appelés communément en français laîches ou rouches, se sont des plantes appartenant à la famille des Cypéracées et au genre Carex, comportant de très nombreuses espèces à feuilles coupantes, à fleurs en épi, dont beaucoup croissent dans les lieux humides. |
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L’association compte environ une soixantaine d’adhérents de tous horizons. Les quelques femmes adhérentes participent activement aux enquêtes de l’association ou aux tâches administratives, mais la grande majorité reste masculine. Près de 30 % ont moins de 35 ans. La chasse du gibier d’eau étant minoritaire dans la région, CAREX compte également des adhérents des départements voisins (Ardennes, Marne, Moselle, et Meurthe-et-Moselle).
CAREX a mis en place trois commissions :
- communication : organisation ou participation à diverses manifestations, rédaction et publication du bulletin "le canard 55" et le site Internet en cours de réalisation,
- formation : stages gibier d’eau et lecture d’ailes, création d’une hutte pédagogique,
- scientifique : suivi des anatidés et limicoles entre 2002 et 2005 dans la Meuse, récolte d’ailes avec la Fédération régionale des chasseurs de Lorraine, dénombrement des vanneaux et pluviers initié par l’ANCGE, etc… |
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Les objectifs de l’association |
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L’association a pour objet de :
- Protéger la nature et l’environnement.
- Favoriser l’insertion harmonieuse de pratiques cynégétiques équilibrées, dans le respect de leurs diversités et de leurs traditions, au sein des zones humides ou aquatiques ainsi que les politiques, pratiques ou actions qui peuvent leur être associées.
-Appliquer une démarche identique à celle développée ci-dessus en matière d’oiseaux d’eau migrateurs évoluant ou résidant hors des zones humides ou aquatiques, ainsi qu’en toute matière relative aux pratiques cynégétiques ou à leurs milieux, quelle qu’en soit la nature et dans leur acceptation la plus large.
- Défendre et développer la chasse du gibier d’eau dans la Meuse et en Lorraine.
- Mettre en place un réseau de chasseurs pour répondre à des enquêtes ou des études scientifiques.
- Faire connaître et reconnaître l’action des chasseurs dans la gestion des zones humides.
- Former les chasseurs à la pratique de la chasse au gibier d’eau et à la gestion des zones humides. |
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Les modes de chasse |
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Le premier mode de chasse est la passée, suit la hutte.
Grâce à l’action déterminante de l’ANCGE, dans le cadre de la loi de juillet 2000, la chasse de nuit fut légalisée dans le département, tout d’abord dans 9 cantons.
Un amendement législatif de novembre 2003 obtenu par l’ANCGE a permis aux autres cantons de jouir de cette chasse. Les propriétaires des huttes concernées doivent déclarer leurs installations avant le 1er juillet 2006 auprès de la préfecture.
Il existe à ce jour, et dans l’attente des nouvelles déclarations, une cinquantaine de huttes dans le département, la quasi-totalité des installations étant située dans la moitié nord. Le site de Mouzay, entre Dun-sur-Meuse et Stenay, représente près de 40% des installations.
On retrouve une grande variété d’installations (en béton, en bois, à partir d’un caisson isotherme, voire d’une bétaillère) sur des milieux très divers comme étangs, rivières, débords, ballastières, prairies inondées,…
Les preuves photographiques des plus anciennes huttes remontent au début du XXe siècle. Mais les anciens affirment l’existence d’installations à la fin du XIXe siècle. |
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Une grande diversité d’oiseaux d’eau |
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Les gibiers les plus rencontrés sont le canard colvert, la sarcelle d’hiver, le canard chipeau, les fuligules milouin et morillon. Côté limicoles, la bécassine des marais et surtout le vanneau huppé sont très présents. On peut rencontrer le chevalier aboyeur en début de saison. Enfin, le courlis cendré niche dans toute la vallée de la Meuse, mais repart bien avant l’ouverture ! Un bien bel oiseau toutefois.
Côté prélèvements, bien qu’il soit malheureusement toujours difficile d’obtenir des données fiables, la FDC55 recense environ 7 000 oiseaux d’eau migrateurs prélevés au cours d’une saison. |
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Portrait : Daniel Lescop, le relais d’une passion |
Daniel chasse depuis ses 16 ans. Il a commencé, comme beaucoup, avec son père et son grand-père. Son premier souvenir est justement avec son grand-père : un paquet de perdrix était posé sous des pommiers. Son grand-père a tiré en l’air. Les perdrix ont pris leur envol et avec le deuxième coup, il en a tué une. Tout un état d’esprit que Daniel cultive au quotidien. Daniel a deux épagneuls bretons, c’est aussi une histoire de famille : "on a toujours chassé avec des épagneuls bretons. C’est un chien polyvalent. Il chasse tous les gibiers".
Breton d’origine, Daniel a fini sa carrière de militaire en Meuse et a décidé d’y rester. Il se plaît ici : c’est un bon territoire de chasse. Malgré tout, il va de temps en temps en Charente-Maritime pour chasser à la hutte avec son fils.
À la retraite, Daniel consacre la majorité de son temps à ses passions : la pêche, la cueillette de champignons, la cuisine, ses appelants, ses chiens et, plus que tout, la chasse. Il chasse presque tous les jours.
Sa chasse préférée est celle au gibier d’eau pour différentes raisons : les modes de chasse, la diversité du gibier prélevé, les appelants, et puis il aime à s’occuper des huttes, des zones humides, de tout ce qui est entretien ou aménagement. Ce mode de chasse favorise les petites équipes où tout le monde se connaît. S’il y a des travaux, les propositions d’aide ne manquent pas. C’est une chasse très conviviale. En plus c’est toujours la surprise. On ne sait jamais comment sera la nuit. S’il y aura du passage. Si le gibier s’approchera assez. Si le coup portera. Et puis, "si on ne prélève rien, on fera mieux demain !"
Très actif à la hutte pédagogique, qu’il a largement participé à construire, Daniel offre avec bonheur et générosité son savoir et son expérience de la chasse de nuit pour entraîner, dans ce mode de chasse, tous ceux qui le désirent.
Il ne garde aucun secret de réussite et répond à toutes les questions avec l’espoir de faire naître des passions nouvelles. |
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| Recette... |
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Magret de canard fumé par Daniel Lescop |
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Cette recette peut se réaliser avec n’importe quelle espèce de canard, mais vu sa taille, le colvert est préconisé. Le chipeau est très bien aussi.
Prélever les deux magrets avec la peau.
Saler au sel de Guérande pendant 6 à 8 heures pour retirer l’eau de la chair.
Enlever ensuite le sel, rincer et les mettre dans l’eau claire à dessaler pendant 6 à 8 heures.
Enfiler une cordelette dans le magret avec une grosse aiguille ou en perçant avec la pointe d’un couteau afin de pouvoir le suspendre dans le fumoir.
Puis placer les magrets dans votre fumoir fait maison pendant une douzaine d’heures.
La fumée de sciure de chêne ou de hêtre les parfumera et les séchera délicatement. |
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Claire Dessirier
Texte et photos |
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